16 août 2017

Au croisement d'une croix

La rédaction d'Entremont Autrement invite de temps à autres des personnalités politiques à s'exprimer librement sur un sujet de leur choix. Aujourd'hui c'est au tour de Barbara Lanthemann, présidente du Parti socialiste du Valais romand.

Traversé par la canicule estivale, le Valais somnolait. On parlait certes de vendanges difficiles après le gel et la grêle, mais rien ne semblait pouvoir sortir le canton de sa torpeur.

C’est alors que surgissait le lion Narcisse, tout énervé de son face à face forcé avec le crucifix suspendu dans sa chambre d’hôpital. Une diatribe digne du bonhomme, on aime ou on déteste, c’est ainsi. La presse, toute aussi prise d’un ennui profond, saisissait la balle au bond, certaine d’avoir là un sujet bien flambeur qui en agacerait plus d’un.

Un député-suppléant socialiste en rajoutait une couche, encore tout baigné de sa jeunesse vigoureuse et combattive. Il n’en fallait pas moins pour réveiller d’autres jeunes, ceux-là d’extrême-droite, pas encore remis de la fessée administrée par le peuple valaisan à leur idole, le dénommé « honoraire » (ah bon ?) méchamment renvoyé après 4 ans d’incapacité à gouverner. Les jeunes UDC donc publièrent sur Facebook les coordonnées du jeune socialiste pour encourager je ne sais qui à lui rendre, pourquoi pas, une visite de non courtoisie à l’occasion.

Le réseau social n’a pas apprécié la méthode, bloquant la page des jeunes excités. S’en suivent depuis les commentaires des uns et des autres, offensés ou non, donneurs de leçons et autres penseurs du moment...

Un dimanche soir au pensionnat près de Dijon, quand rentraient du week-end les parisiennes et autres élèves pas trop éloignées du domicile familial, je fus prise d’un cafard terrible. Je n’étais, moi, pas rentrée depuis quelques semaines, la distance m’empêchait de faire mes valises tous les vendredis soir pour rejoindre ma Suisse natale. Une religieuse passant par-là me fit un sermon courroucé et me montrant Jésus suspendu à une croix, me fit remarquer que lui, contrairement à moi, ne pleurait pas sur son sort. Je répondais naïvement du haut de ma certitude d’enfant que lui ne pouvait plus pleurer puisqu’il était mort depuis bientôt 2000 ans. Ma franchise m’a valu une punition exemplaire, un passage à la chapelle et pas moins de chagrin.

Je verrais bien, moi, dans chaque chambre d’hôpital, un serment d’Hippocrate accroché au mur. Et pourquoi pas, la Convention des droits de l’Homme dans le tiroir de la table de nuit. Histoire de rappeler les fondements de l’Humanité qui, si on les analyse avec sincérité, ne s’éloignent pas tant que ça des principes chrétiens. Histoire aussi de rappeler à celles et ceux qui s’étouffent d’indignation en lisant Narcisse, s’indignent au moins tout autant quand un conseiller national UDC propose, la bouche en cœur, de ne plus prendre en charge certains soins médicaux pour des personnes de plus de 90 ans.

Comme le dit le proverbe, si l’habit ne fait pas le moine, dans la même veine, le crucifix accroché à un mur ne fait pas le chrétien pour autant.

Barbara Lanthemann
Présidente du PSVR

13 août 2017

Adhérez à Entremont Autrement

Entremont Autrement, ce sont des élus, des soirées publiques et un blog, mais c'est aussi une association qui vise à promouvoir le débat citoyen de manière constructive dans le district et au-delà.

Notre association a pour buts:
  • d’encourager les valeurs démocratiques et la diversité des opinions, le respect des minorités, l’égalité des chances, et la protection des plus faibles;
  • de promouvoir la rigueur et la transparence dans la gestion des affaires publiques;
  • de favoriser le développement durable (utilisation des ressources pour les besoins présents qui ne mette pas en danger la possibilité des générations futures de pouvoir tirer parti de ces mêmes ressources).
En adhérant à Entremont Autrement, vous participez directement à la vie de notre mouvement. Avec droit de vote lors de nos assemblées. De plus, vous recevez régulièrement et en primeur des lettres (électroniques) d'information sur nos actions.

La cotisation annuelle est fixée à 50.- CHF (80.- CHF pour les couples). Par cette modeste participation, vous nous permettez de financer nos différentes campagnes et nos soirées publiques. La liste de nos membres est strictement confidentielle.


Comment adhérer?
  • via email à l'adresse entremont.autrement[arobase]gmail.com
  • via courrier à l'adresse: Association Entremont Autrement, Prarreyer 16, 1947 le Martinet-Prarreyer

11 août 2017

Drames en Méditerranée

Hier soir, j’étais tranquille chez moi et je reçois un téléphone de démarchage d’une association de protection de l’environnement et de la biodiversité mondialement connue et dont je suis membre.

La dame au bout du fil me remercie pour tous mes dons précédents (j’ai versé de l’argent pour sauver les baleines, la banquise, les fonds marins, les orangs outans et j’en passe….) et me demande si je peux faire un geste pour la nouvelle campagne de sensibilisation de l’association: la lutte contre les micro-particules de plastique. Elle m’explique bien gentiment que les vacanciers sur les plages de la mer Méditerranée ont l’impression que la mer est propre, mais en fait elle ne l’est pas parce que des millions de tonnes de micro-particules de plastique flottent dedans et la polluent. Ces micro-particules qu’on ne voit pas sont pourtant un réel problème pour les poissons et la faune; ces micro-particules tuent les dauphins, les tortues et les autres animaux qui échouent sur les fonds marins ou sur les plages.

Elle a 100 % raison cette dame; ce problème existe bel et bien et c’est un vrai danger pour la survie des dauphins, tortues et autres animaux peuplant la mer.

Mais, chaque fois qu’elle parlait de ces micro-particules flottant dans la mer et que personne ne voit, je pensais à ces êtres humains traversant la mer Méditerranée sur des canots pneumatiques et que nous ne voulons pas voir! Chaque fois qu’elle parlait de la vie et de la mort des dauphins, étouffés par ces micro-particules je pensais à ces personnes, prêtes à tout sacrifier, y compris leur vie, pour avoir une chance d’arriver sur nos plages. Quels paradoxes… A quand une vraie prise de conscience des drames qui se jouent pas très loin de chez nous? Le premier pas pour sauver ces gens désespérés n’est-il pas de reconnaître leur souffrance et de comprendre leur désir fou de changer de rive? Peut-être ce regard sans a priori pourrait nous aider à leur venir en aide de manière plus efficace, en les accueillant de manière plus large chez nous et en améliorant leurs conditions de vie chez eux.

J’ai gentiment expliqué à cette dame que sa demande tombait mal à propos et que je n’allais pas verser d’argent pour la lutte contre les micro-particules mais que j’allais le garder pour des causes plus humaines.

Sophie Juon
Présidente d'Entremont Autrement

9 août 2017

La révolution automobile est en marche


La prochaine grande révolution technologique du XXIe siècle est sur le point de bouleverser nos habitudes. La voiture à essence est peut-être en train de vivre ses dernières années de toute-puissance. Le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, a annoncé au début juillet la fin de la voiture à pétrole en France d'ici 2040. En fait, cette annonce n'est qu'une étape dans un processus qui s'est enclenché il y a de cela quelques années. Les prototypes de voiture électrique existent depuis plus de vingt ans, le traditionnel Salon de l'Auto de Genève ne cesse d'ailleurs d'annoncer d'édition en édition l'arrivée imminente sur le marché de modèles tout public. La majorité des constructeurs automobiles vendent déjà des véhicules électriques depuis longtemps, ils étaient néanmoins cantonnés à un marché de niche, haut de gamme, donc pas à la portée de tout le monde. Cette situation est en train de changer; toutes les semaines les géants du secteur annoncent des voitures sans pétrole en entrée de gamme. Cela sera certainement le grand changement de la décennie à venir. Et il ne s'agit pas d'une transition qui ne concerne que les pays riches, la Chine et l'Inde investissent massivement dans les technologies clefs et promettent des véhicules parfois en-dessous de 5'000.- $.

L'abandon programmé du pétrole est évidemment une chance pour l'environnement. Les voitures seront plus propres, moins polluantes. Moins bruyantes aussi. A l'échelle de la planète, cela fait une différence. Qu'on ne s'y trompe pas cependant, la production de ces véhicules et des indispensables batteries qui les alimenteront pose de nouveaux défis écologiques. Un seul exemple: le recyclage des batteries au lithium en fin de vie n'est pas encore résolu.

Cette transition technologique quasi certaine pourrait avoir un effet géopolitique non négligeable. Le Moyen-Orient aujourd'hui grand producteur de pétrole, ce qui lui assure un poids indéniable sur la scène internationale, pourrait voir son étoile pâlir. La dépendance des économies occidentales à l'or noir a longtemps permis à des régimes douteux de prospérer, dans une relative connivence imposée par des besoins en pétrole démesurés. On ne se fâche pas avec ses principaux fournisseurs. Les pays du Golfe n'ont pourtant pas trop de souci à se faire dans l'immédiat, la transition annoncée ne se fera pas partout à la même vitesse et de gros secteurs consommateurs de pétrole, le transport naval et aérien, ne sont pas encore en mesure de se passer de cette ressource. Un indice quand même de la crise latente pour ces pays: l'OPEP a ordonné dernièrement la diminution de la production pétrolière afin de provoquer une hausse du prix du baril. Cette mesure n'a pourtant pas permis d'inverser la tendance baissière des prix. Pour les émirats dépendants aux pétrodollars c'est une vaste raison d'inquiétude.

Principales réserves mondiales de lithium

La lente disparition du pétrole voit surgir une nouvelle ressource phare. Les voitures électriques doivent être équipées de batteries beaucoup plus volumineuses et performantes que celles de leurs ancêtres. Le lithium en est aujourd'hui l'élément indispensable. Les plus grandes réserves mondiales de ce métal sont situées en Amérique du Sud, au Chili (région d'Atacama) et en Bolivie (sous le salar d'Uyuni), d'autres gisements importants ont été trouvés dans la région du Tibet (cela explique-t-il partiellement l'intérêt de la Chine pour ce territoire?) et en Amérique du Nord. Les pays possédant cette précieuse ressource verront inévitablement leur poids sur la scène internationale croître au fur et à mesure que les véhicules électriques se démocratiseront. Evo Morales, le président bolivien, annonçait l'an dernier que son pays vivait d'ores et déjà la plus forte croissance économique de l'Amérique méridionale. Les gigantesques réserves de lithium sous le désert d'Uyuni sont actuellement encore préservées. Il faut dire que le site est absolument magnifique et qu'il attire de plus en plus de touristes appréciant ce grand espace blanc.
On le voit donc, les bouleversements technologiques sur le point de survenir pourraient avoir un impact majeur sur la géopolitique mondiale.

Vue de l'incroyable désert de sel d'Uyuni en Bolivie, plus vaste que toute la Suisse romande...

En plus des changements industriels et politiques, on pourrait également voir une profonde évolution des comportements sociaux. Parallèlement aux efforts des constructeurs automobiles, les géants californiens de l'informatique investissent massivement dans le développement de véhicules autonomes, c'est-à-dire sans chauffeur. Si Tesla a pu jouer le rôle de précurseur dans ce domaine, Google est très avancé sur le sujet et ses "Google cars" sillonnent déjà les routes de l'état du soleil depuis plusieurs années pour recueillir des données de navigation et améliorer leur logiciel de conduite. Après des mois de "no comment", Tim Cook, le PDG d'Apple a admis que son groupe travaillait également sur un véhicule sans pilote.
Ces technologies qui semblent encore un peu futuristes combinées avec les avancées dans le domaine électrique pourraient révolutionner totalement la manière dont on se déplace. Le temps perdu dans les transports pourrait tout à coup s'avérer beaucoup plus productif si on libère le chauffeur des contraintes de la conduite. De même, y aura-t-il vraiment toujours un intérêt à posséder une voiture par ménage alors que l'on pourra peut-être réserver via internet un véhicule qui arrivera automatiquement devant notre maison à l'heure souhaitée? La révolution technologique frôle ici la science-fiction.

Vision des voitures autonomes du futurs? 

Dans ce nouveau puzzle qui se met en place, la Suisse peut tirer son épingle du jeu. Elle possède des compétences reconnues dans la production et la gestion de l'énergie. La recherche fondamentale menée actuellement dans les hautes écoles (notamment les EPF, mais pas seulement) est absolument centrale si l'on veut que notre pays puisse se positionner favorablement dans le monde post-pétrole.

Tout changement technologique majeur a impliqué une modification en profondeur de nos modes de vie, que l'on pense à l'invention de l'imprimerie ou à la révolution industrielle. La prochaine révolution ne devrait pas faire exception. A nous de penser et dessiner le futur que nous souhaitons en prenant en compte cette nouvelle donne.

J. Lovey

7 août 2017

Sic transit gloria mundi...

Depuis les dernières élections cantonales, on était sans nouvelles (ou presque) de la section entremontante de l'UDC.

Une petite visite de courtoisie sur leur site internet, nous indique que la page est introuvable. Pause post-électorale? Transfert vers une nouvelle adresse (on voulait dire migration, mais...)?



Renseignements pris auprès du président et chef de campagne Kevin Pellouchoud, nous sommes en mesure de vous informer que l'UDC ne compte plus de section en Entremont. Celle-ci a été dissoute. Elle n'aura donc pas résisté à la démission de son leader qui avait été annoncée avec fracas au soir du 19 mars dernier sur les réseaux sociaux.

A noter que l'UDC compte encore un conseiller communal à Bagnes (Yves Bruchez) et un député-suppléant de Sembrancher (Grégoire Emonet).

C'est donc une page qui se tourne (provisoirement?) dans l'histoire politique du district.

5 août 2017

Premier bilan au sein du Conseil communal de Bagnes

Au terme des premiers 100 jours d’exercice d’un mandat, la coutume veut que les élus dressent un premier bilan de leurs activités. Voilà déjà plus d’un semestre que j’exerce la fonction de conseiller communal à Bagnes. Le temps passe si vite…

Dans le cas d’un Exécutif, la confidentialité des débats et le respect de la collégialité imposent une retenue que chacun s’engage à respecter, du moins dans la mesure où cette discrétion ne lèse pas les intérêts publics. On m’a confié le dicastère des constructions et celui des bâtiments. Je préside donc la commission des autorisations de construire et celle des bâtiments. Je suis également vice-président des commissions en lien avec le dicastère des Affaires sociales, de l’Education et des Paroisses et membre des commissions du dicastère du Tourisme, de la Promotion touristique, de la Culture, des Sports et de la Jeunesse. Enfin, je participe à diverses commissions ad hoc, comme celle du Centre sportif de Verbier ou l’école de Versegères.

L’ampleur de la tâche a surpris tous les nouveaux élus. Les séances se succèdent à un rythme soutenu et le volume de la documentation dont il faut prendre connaissance est abondant. Les premiers contacts avec le personnel administratif ou technique s’est heureusement bien passé, tout comme les relations avec les collègues du Conseil une fois que l’on a pu s’apprivoiser mutuellement. La gestion d’une commune ne s’arrête pas à l’arrivée de nouveaux élus. Au début, il s’agit donc de "rattraper un train en marche", sentiment qui heureusement s’estompe avec le temps.

Le secteur dont j’ai la charge (constructions et bâtiments), a connu des bouleversements importants au cours de ces derniers mois. La Commune de Bagnes a traversé le tsunami que chacun connaît, lié à une interprétation de la législation qui a nécessité plusieurs expertises et causé de graves dommages en termes de réputation et d’image. Cet accident de parcours est survenu à la même époque que le coup de frein imposé à la construction par la Lex Weber et des difficultés de recrutement au sein du service en plus du vaste travail de rattrapage en matière de régularisation des dossiers dont le traitement avait souffert d’un contrôle déficient. Bref, il y a encore du pain sur la planche mais il y a aussi une claire volonté des édiles et des collaborateurs techniques de mettre fin à des modes de faire inacceptables. Le service est en train de s’étoffer, ce qui permettra de mieux répondre aux attentes du public et de garantir un examen rigoureux des projets.

Garder un esprit critique tout en veillant à de bonnes relations au sein du Conseil, c’est la démarche que j’ai souhaité privilégier en ce début de législature. Cet état d’esprit rencontre un écho favorable auprès des collègues avec qui je travaille au quotidien. Enfin, le fait de pouvoir s’appuyer sur un groupe solide au Conseil général devrait m’aider dans l’accomplissement de mon mandat.

Antoine Cretton
Conseiller communal, Bagnes

Le premier août à Bagnes

Lors de la traditionnelle fête de Saint-Pierre à Versegères, les deux Conseillers communaux du Martinet se sont exprimés à midi devant la population présente. Le Président de la commune s'est quant à lui exprimé le soir. Ci-dessous, le discours prononcé par Antoine Cretton.

Chers amis bagnards, chers concitoyens,
Chers visiteurs de passage, chers amoureux de la région,

C’est la première fois que l’on m’offre l’occasion de manifester publiquement mes sentiments patriotiques et je tiens à remercier les organisateurs de cette journée de leur invitation qui m’honore.

Le 1er août ne célèbre pas nos origines. On sait que bien avant la naissance de Jésus-Christ, des hommes et des femmes peuplaient déjà cette belle vallée et défendaient cette terre face à toutes sortes d’envahisseurs. Ils ont certainement imprimé à cette région des mœurs particulières et une langue que certains se font un devoir de réhabiliter et de conserver.

Non, le 1er août célèbre la création de la Suisse, pays qui rassemble des êtres aussi différents que le Genevois des Pâquis et le membre de la Landsgemeinde d’Appenzell.

Aussi différents que le Zürichois de la Bahnofstrasse et le dzodzet gruyérien.

Aussi différents que le berger de l’alpage de Louvie et le Tschäggättä du Lötschental…

Et on se demande bien comment ces individus ont pu se rassembler sous un même drapeau, comment ces ingrédients ont pu fabriquer la sauce helvétique, une sauce que beaucoup nous envient.

Car entre la raclette d’Eddy Baillifard et le Schabziger du Pfanenstock,

entre le papet vaudois et le Birchermüesli,

il y a bien plus de différences qu’entre le gorgonzola et le camembert, qui viennent pourtant, eux, de pays différents.

Mais bref, il semble que la fondue moitié-moitié se soit imposée en Suisse, pays du consensus, malgré les luttes fratricides qui ont opposé jadis ses habitants.

A l’époque, le Morgenstern était un argument bien plus convaincant que les arrêtés fédéraux, d’où une méfiance ancestrale envers tout ce qui vient d’ailleurs : de St Maurice d’abord, de Sion ensuite, puis de Berne et pire encore de la communauté européenne.

C’est sans doute ce qui a permis de développer une fierté bien helvétique traduite en une formule simple, sur laquelle tout le monde arrive à se mettre d’accord à défaut de se comprendre : Y en a point comme nous !

Mais revenons à la vallée de Bagnes.

Ici comme ailleurs, aux siècles passés et plus encore en ce siècle, des hordes d’étrangers ont débarqué. Ils ont trouvé que nos paysages étaient grandioses, notre eau limpide, notre air pur, notre lait abondant, nos fromages goûteux et nos vins et nos filles inégalables.

C’est ainsi que depuis les années soixante du siècle passé, le tourisme est né. Désormais, nous n’étions plus seuls au monde, à défricher nos botzas, à cultiver nos pentes arides, à ramasser nos bolets, à construire nos chalets ou à profiter du ski en hiver et de la randonnée en été.

Désormais, il n’y a plus guère de famille d’ici qui ne compte pas au moins un patronyme exotique dans son arbre généalogique. Et même si certains nostalgiques le regrettent, le fameux drapeau suisse à croix blanche sur fond rouge ne représente plus seulement les descendants d’authentiques autochtones, mais aussi des gens venus d’autres horizons. La domination de Jules César et de ses armées, à une époque très lointaine, a dû laisser quelques traces dans nos pédigrées bien avant l’arrivée des saisonniers.

La célébration du 1er août prend donc une signification un peu différente. C’est l’occasion de rappeler que sans les travailleurs immigrés et sans les touristes fortunés qui ont afflué des pays alentours, nous ne serions pas tels que nous sommes aujourd’hui. Les anthropologues vous diront d’ailleurs que le mélange des races est une garantie de pérennité d’un peuple.

J’aimerais donc aujourd’hui remercier tous les "étrangers" qui ont choisi un jour cette vallée pour y poser leur malle ou y construire leur jacuzzi, parce que nous leur devons beaucoup. Nous leur devons bien sûr une certaine prospérité économique mais nous leur devons aussi un renforcement vital dont nous avons tout lieu d’être fiers.

Merci à la jeunesse de Saint-Pierre qui perpétue une noble tradition. La fête patronale favorise les liens d’amitié qui lient la population. Elle permet aussi aux autorités communales que nous représentons aujourd’hui, Jean-Baptiste Vaudan et moi-même, de vous dire leur reconnaissance pour la confiance que vous leur témoignez.

Je vous souhaite à tous et à toutes, une excellente fête du 1er août, un très bon après-midi et une joyeuse soirée.

4 août 2017

Petite discussion entre amis

Voilà, voilà, les amis. Entre apéro et Paléo, plage et bronzage, voyage et badinage, escapade et escalade, nous avons tous profité du soleil généreux que nous offre ce bel été. Nous en arrivons même à nous dire, entre deux verres de blanc pris sur une terrasse le soir à 22h00, alors qu’il fait encore 25°, que le réchauffement climatique a du bon!

Et c’est là que quelqu’un vient casser l’ambiance, devinez qui? Non, le réchauffement climatique n’est pas bon, non, tout ne va pas bien dans le meilleur des mondes. Les glaces de l’Arctique et de l’Antarctique se décomposent, de même que nos glaciers, sécheresse et inondations se multiplient aux quatre coins du monde, des milliers d’hectares de forêts partent en fumée, un tiers des terres du globe est menacé de désertification, la déforestation met en danger la plupart des forêts tropicales et subtropicales d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’Asie, la forêt équatoriale amazonienne et toutes les espèces animales et végétales qu’elles abritent ainsi que les peuples indigènes qui y vivent. Les océans et les mers suffoquent sous les déchets et polluants de toute sorte. Plus de la moitié des populations de poissons, d’oiseaux, de mammifères, d’amphibiens et de reptiles ont disparu durant ces 40 dernières années. Des espèces emblématiques comme l’orang-outan et le gorille, notre proche cousin, sont en voie imminente d’extinction. En Suisse plus précisément, dans un rapport publié il y a deux semaines, la Confédération s’inquiète de l’état alarmant de notre biodiversité. Près de la moitié des milieux naturels et plus d’un tiers des espèces animales et végétales sont menacés. Et à partir du mercredi 2 août, l’humanité a épuisé l’ensemble des ressources que la planète peut renouveler en un an et vivra donc « à crédit » jusqu’au 31 décembre 2017. A bout de souffle, j’attends les réactions qui ne se font pas attendre.

« Et c’est quoi la solution, d’après toi? » Prenant mon courage à deux mains, je prononce le terme abhorré: décroissance. Au milieu du vacarme qui s’ensuit, je poursuis vaillamment. Non, je n’ai pas envie de revenir à la bougie (quoique…j’adore les bougies), non je n’ai surtout pas envie de renoncer à mon lave-linge. Non, je ne veux pas vivre en ermite. Par contre, je veux vivre en être responsable, responsable envers mes prochains, envers ma descendance, envers ma planète. Je veux revenir à des valeurs comme la sobriété, le partage, la solidarité, la convivialité. Toutes ces valeurs qui sont le contraire de l’individualisme qui gangrène notre société. La décroissance est une philosophie de vie joyeuse, un projet de société révolutionnaire, un changement profond de mentalité. Un projet politique en faveur d’une économie solidaire attentive au bien-être et à la qualité de vie des individus, ainsi qu’à leur environnement, loin des exigences de productivité, de rentabilité et d’accumulation du profit (en faveur de quelques-uns), qui constituent la logique du système économique dominant actuellement. Quelques exemples: réparer au lieu d’acheter à nouveau, échanger, partager, faire du troc, prêter, faire du covoiturage, renoncer à la villa individuelle ou en acheter une déjà construite, rénover au lieu de démolir, choisir là où il existe l’habitat coopératif et sinon, encourager les communes et les villes à mettre en avant ce type d’habitat, ne pas gaspiller, acheter de la qualité dans tous les domaines et user jusqu’au bout, manger des aliments de proximité, partager à tour de rôle les repas avec des voisins, faire ses courses et aller boire le café ou l’apéro à pied, éviter les vols low cost, etc...

Profitant des quelques secondes de silence offertes par mes amis abasourdis, j’enfonce le clou: nos responsables politiques et les chefs d’entreprise devraient avant chaque décision se poser la question essentielle du philosophe français Jean-Claude Michea, né en 1950: « Quels biens une société décente devrait-elle continuer à produire, au bénéfice de qui, dans quelles conditions concrètes, et avec quelles conséquences immédiates et à long terme sur l’environnement ou sur notre propre humanité? » De l’utopie totale, entends-je ricaner plus ou moins amicalement. Non, les amis, l’utopie c’est de croire que nous pouvons continuer à croître. Et c’est là que j’assène avec une joie non dissimulée une citation de Serge Moscovici (ne pas confondre avec Pierre, pas du tout le même genre …): « Tout ce qui croît finit par s’écrouler sous son propre poids ».

Très belle fin d’été, les amis!

Bernadette Murisier

3 août 2017

Le coup de gueule de Frédéric Nouchi

De temps à autres, la rédaction d'Entremont Autrement offre une tribune libre à des personnalités politiques. Aujourd'hui, c'est Frédéric Nouchi, président de la fédération socialiste Martigny-Entremont qui nous écrit.



À la base je voulais vous décrire ma peine face à toutes ces personnes qui errent sur la Méditerranée à la recherche d'une terre d'accueil, de paix, de liberté et surtout un peu de dignité! Vous dire qu'ils /elles sont comme nous! Des femmes, des hommes et surtout énormément d'enfants. Mais voilà il y a une toute grande différence!

Eux, ils fuient la guerre, la mort et surtout la barbarie! Ils ont quitté leurs nations, leurs souvenirs (bons et mauvais) sur des embarcations telles des "Exodus" et errent en Méditerranée! Ils viennent de pays où l'on meurt sous des bombes fabriquées par nos soins et où les enfants jouent dans des ruines avec la mort comme seule compagnie! Alors ils embarquent (à quel prix au vu des trafiquants d'Exodus) pour chercher la paix. Ils veulent frapper à la porte de cette Europe, terre des libertés et des droits de l'homme! Mais voilà, cette Europe regarde ailleurs ou élève des murs! Marre de lire et entendre partout tous ces cyniques qui affirment qu'ils auraient dû rester là-bas chez eux! Les cris de la misère peuvent déranger la tranquillité de certain-e-s! Mais soyons réalistes, ils sont comme nous, ils ont même des mains qui peuvent s'agripper à l'espoir d'une vie meilleure! Comme nous ils préfèrent la vie à la mort, la liberté à l'esclavage et surtout la tolérance à la barbarie!

Frédéric Nouchi
En parlant de barbarie, voici ce qui a été le détonateur de mon trop long article: nous vivons dans ce monde en totale globalisation! De nouveaux objets de consommation apparaissent ... Ainsi avec une petite carte de crédit en plastique, vous pouvez vous offrir tout et n'importe quoi sur internet même la vie d'humains en fuite! En Méditerranée, pendant que vous y bronzez au soleil, il s’y déroule une sacrée "Saloperie "! Un bateau de la honte, tel un Exodus, affrété pour entraver le travail des ONG avec des mercenaires armés! Qui sont-ils ces tristes personnages emmenés par un capitaine raciste et xénophobe, suisse de surcroît? Ce sont des militants d'extrême-droite européens à l'origine de cette opération qui veulent lutter contre l'immigration clandestine au large de la Libye. Le comble est qu'une partie de ces fonds provient de Suisse: sur les quelques 125'000 francs issus de toute l'Europe et des Etats Unis, qui ont été collectés via une opération de crowdfunding, plusieurs milliers proviennent de membre de l'UDC et surtout du Parti national suisse (PNS). Ces groupements de haineux font transiter leurs fonds par ces entreprises de crowdfunding. Tout y est: des skinheads aux membres des « Think Tanks suprémacistes » qui se développent à une vitesse éclair et qui, derrière un langage académique et des costumes chers payés, cachent la même vieille idéologie de la suprématie de la race blanche!
Mais quelle que soit leur portée sur les réseaux sociaux, ou comment ils ont été revigorés par des Trump, des Poutine, voire même des Erdogan et leurs alliés! Heureusement, ces groupes ont encore besoin de ressources financières importantes pour faire fonctionner leurs sites. Si nous pouvons empêcher que ces groupes d'haineux aient accès à des services de paiement en ligne, nous pourrions être en mesure de nous débarrasser de certains de ces noyaux de racisme. Signez et faites signer cette pétition afin de faire bloquer tous leurs comptes de collecte de fond "pourris". Nous, les citoyens acteurs, devons faire notre part car ensemble, sans prétention mais avec détermination, nous pouvons lutter contre ces malfaisants!

https://actions.sumofus.org/a/pas-de-services-de-paiment-en-ligne-pour-les-groupes-de-haine?sp_ref=320781931.99.181280.t.577928.2&rid=18849065&source=tw

Moralité: le XXIe siècle sera celui des grandes migrations comme celle que nous vivons actuellement mais surtout des migrations climatiques. Alors préparons-nous à accueillir et à partager! Anticipons au lieu de regarder ailleurs et d'élever des murs! Unis, nous sommes en mesure de nous débarrasser de certains de ces noyaux de racisme. "Soyez ouvert, amical et positif avec toutes les personnes que vous rencontrez; tout le monde mène un combat long et difficile. " dixit Socrate.

Frédéric Nouchi
Vice-président romand du PSSMigrants
Co-président du PSVR migrant Valais/Wallis

2 août 2017

Débat sur les prochaines votations fédérales

Centre gauche-PCS et Entremont Autrement organisent depuis de nombreuses années des débats en lien avec les votations fédérales.

Le 21 août prochain à 19h00 aura lieu un débat sur la Prévoyance vieillesse 2020 à Restaurant La Dent-du-Midi à Saint-Maurice.

Nous vous invitons cordialement à venir y assister pour vous forger une opinion sur cet objet majeur.